Nouvelle Zélande - 26/09/2007

Samuel chez les All Blacks

 

La gagnante du concours est ma mère, elle était proche de la destination, elle voulait m'envoyer en Australie.

C'est dans le même coin, en Nouvelle Zélande que l'oiseau s'est posé. Je suis arrivé à 4 heures du matin à l'aéroport et j'ai repris ma marche et le stop. Changement de langue, changement de niveau de vie, changement d'ambia
nce au bord des routes...

Après une journée en ville à Auckland, j'ai repris la route. Je suis arrivé en Nouvelle Zélande pendant les vacances scolaires de printemps. Alors en attendant que les enfants reprennent le chemin de l'école, j'ai fait le tour des deux iles du pays en stop.

Le Pays :


Il est le plus jeune du monde. En 1789, alors que la France faisait sa révolution, les premiers colons arrivaient en Nouvelle Zélande. Les Maoris s'y étaient établis depuis le 11ème siècle. De tous les peuples rencontrés depuis mon départ de Ploeuc, les Maoris sont les autochtones les plus fièrs de leurs racines. Ils me parlent de leur langue, leurs danses, leurs légendes, de leurs croyances. Les enfants des écoles chantent dansent avec beaucoup de plaisir pour partager leur culture.

Les autres néo-zélandais sont originaire des migrations (Anglais, irlandais, Ecossais...). Le rugby et les All Blacks sont l'emblème du pays ; La défaite contre la France a été vécu comme un deuil national pour une grande partie de la population. 4 millions d'habitants vivent dans ce pays grand comme la France (3 millions dans l'ile du Nord et 1 million dans l'Ile du sud). L'île du sud est très sauvage, il n'est pas rare de faire 300 kilomètres sans voir de maison. Par contre il y a des moutons partout ( plus de 40 millions dans le pays). Le stop est facile, les chauffeurs qui s'arrêtent disent qu'ils le font parce que je souris au bord des routes. Certains m'invitent chez eux. Je sens que les gens vivent paisiblement, loin des peurs de l'autre. Le Woofing (travailler quelques heures en échange d'un hébergement et d'un repas) est très développé sur l'ile ( je casse un peu de bois en échange d'un repas).
C'est étrange d'avoir 12 heures d'avance sur l'Europe. A chaque fois que je me lève, les français entamment leur soirée. Le niveau de vie du pays est sensiblement le même à celui de la France.

J'ai réussi à vivre en nouvelle Zélande avec un budjet zéro ( mes animations scolaires et familliales m'ont permis de vivre un mois en Nouvelle Zélande sans dépenser d'argent).

 

Échanges :

 

Évidemment, je suis en train d'apprendre le Haka ( que les rugbymans font avant les matchs). Il en existe de nombreuses variations ; l'objectif est d'invoquer les esprits des ancètres pour se préparer à un combat loyal.
Les contes de korrigans et de séalkies (contes écossais), plaisent aux gens. Je conte dans les bateaux qui relient l'ile du Nord et celle du sud. A chaque fois, je me fais inviter par une famille pour loger une nuit chez eux.
Je rends visite à 8 écoles. Nous tentons de mettre en place une correspondance entre une école Maori et une école de Bretagne. Celle mise en place il y a 1 an au Québec avec Pommeret en Bretagne semble avoir fonctionné...

 

Anecdotes :

 

- Première soirée en Nouvelle Zélande à Auckland, je parle français. Barbara et Marion, des profs de l'alliance Française m'invitent chez elles. J'avoue que cela fait plaisir de retrouver la chaleur de chez nous. Une bouteille de vin rouge célèbre cette rencontre !
- Je loge une nuit chez une famille très sympathique. Au retour je m'arrête dans l'école des enfants.

 


Ma nouvelle voiture !


- Une nuit dans une bergerie, il fait 1 ou 2 degrés, le vent le froid et la pluie sont rudes mais le lendemain, le soleil brille !!!
- Je réussi à négocier mon entrée dans un festival en échange d'une heure de contes. Je participe à la marche sur les braises. Je ne me brûle pas, faut juste marcher vite sans trop réfléchir.
-Le lendemain, nous sommes une trentaine à regarder le match de rugby, au début, les Néo Zélandais sont très confiants, mais, juste avant la fin du match, un d'entre eux me demande "Do you run fast ?", I hope you do. "Est ce que tu cours vite ?. J'espère pour toi !. La déception est immense pour les gens. Certaines personnes me disent : "Cette défaite va affecter notre économie, c'est notre image mondiale qui est abîmée".
- Le jour de la défaite des All Blacks, je dis que je suis Suisse ou Belge, je ne veux pas leur rappeller leur défaite. Mon accent français ne les aide pas à oublier leurs larmes.
- Le lundi qui suit la défaite, c'est la rentrée des classes. Des adolescents accueillent le troubadour dans leur classe. Je les fais chanter en français. Leurs questions après avoir écouté le recit de mon voyage en Amérique: " As tu regardé le match hier ? Que penses tu de l'arbitrage ?"
- Je me rends au pied de Tane Mahuta, l'arbre le plus grand et l'être le plus ancien du pays. Il est le symbole du Dieu de la forêt. J'ai une pensée pour l'arbre que j'ai quitté à Ploeuc sur Lié, ses racines descendent vers celles de Tane mahuta de l'autre coté de la terre.

Je cherche un bateau pour continuer mon voyage vers l'Australie, beaucoup de gens me disent que c'est impossible mais je vais quand même essayer.

J'écris un petit texte :

Marcher au bout du monde.

 

 

 

 

 

Marcher pour apprendre,

Se confronter et s’étonner

Ne pas juger, juste songer.

Accepter ce présent tel qu’il nous est offert

Respecter la différence

Une richesse à découvrir.

Prendre chaque évènement comme une aubaine

Et se sentir présent dans chaque instant

Faire un choix et l’assumer.

Etre si loin pour un jour revenir si près

Cette distance n’est que matérielle

Mais le Coeur est immatériel.

Il peut sentir la distance dans la promiscuité,

Isolé de tous, il peut vibrer et sentir une présence

Marcher sur le chemin, même au bout du monde,

Quand on sait que c’est le bon chemin,

Est un plaisir de chaque instant.

J’ai traversé trois continents à pied et en stop.

Il m’en reste deux à découvrir
C’est par la que je me dirige.
Le frottement des lanières du sac à dos a usé le tissu sur mes épaules,
Quelques trous apparaissent
Je pense à mon grand-père dont les chemises étaient usées au même endroit

 

Par le frottement des sacs de pommes de terre qu’il portait

Je suis fier de lui ressembler...

 

Notre œuvre est différente mais lui comme moi,

Nous avons lutté pour essayer de réaliser quelque chose...
Embarquer pour une traversée...

22 octobre 2007

 


Face à l'océan... Me voici au nord de la Nouvelle Zélande, dans un port, Opua. Un couple de Québécois bien sympathiques a accepté de prendre un troubadour à bord (voici leur site et leur bateau www.cap-sur-le-monde.com). Je ne le crois pas encore vraiment, je vis un nouveau rêve, me voici devenu équipier sur un voilier. J'apprends plein de nouvelles choses, pour l'instant, ce sont les préparatifs du bateau (les noeuds, les cordes, l'apéritif...). La traversée vers l'Australie devrait prendre 10 jours. Nous attendons les vents favorables. En attendant un éventuel départ, je savoure cette nouvelle aventure. Sur le bateau, les cuillères chantent, la musique et l'ambiance sont joyeuses!!!

J'essaierai d'envoyer des nouvelles de la traversée...

Dés que le vent soufflera...