11 septembre 2007

Bilan de parcours

 

En remontant vers le nord de l'Argentine :


J'accuse une fatigue physique et mentale. Je compare parfois mon voyage à un combat, un combat contre la peur des autres. Les gens ont peur de moi, je dois sans arrêt gagner la confiance : quand elle est gagnée, nous partageons quelques moments et puis je repars sur la route. L'intensité des moments est parfois indescriptible... Malgré tout, c’est de recommencer chaque jour avec de nouvelles personnes qui est le plus éprouvant, le plus dur...

Voici donc mon petit Bilan :


Voici un an que je vis en voyage, que je vis comme un troubadour, que je vis du voyage...

Encore plus que dans le premier périple, j'ai fait l'expérimentation d'une autre façon de vivre, je vis de troc.

En échange de ce que j'offre chaque jour ( contes, chants, danses, jonglage, fabrication de balles, flûte, magie de cartes), je reçois ce qui me permet d'être heureux. Je reçois l'hospitalité, les sourires des enfants, des adultes, des personnes agées. Je reçois un toit pour me reposer, des vêtements, des provisions, une paire de chaussures pour continuer, faire une lessive, parfois je reçois de l'argent ( pour envoyer des mails, appels téléphoniques, acheter quelques provisions pour la route).
Je ne demande rien, l'échange se fait naturellement, je suis voyageur, les gens devinent mes besoins.


Je suis allé dans plus de 200 écoles en 365 jours, chaque soir, j'ai eu un toit, moins 10 nuits ( choisies) sous les étoiles...

 

 

J'ai beaucoup appris en côtoyant les autres, il y a ceux qui recherchent un bonheur matériel, ceux qui recherchent un bonheur spirituel, ceux qui tentent de combiner les deux... Que se soit dans un pays du 1er ou du 1/3 monde, la vie n'est facile pour personne, les difficultés sont différents.

J'ai surtout appris à relativiser chaque chose, à apprécier les idées des autres. Chacun a ses raisons pour avoir son point de vue. Mais la vérité existe t-elle?

Une chose est certaine, on n'est pas grand chose sur cette terre, mais chaque être constitue une richesse. Le bonheur se situerait peut-être dans la rencontre et le partage... ( la rubrique 4 questions ( lien) en témoigne)

Il semble que les gens s'épanouissent dans l'art, mais l'art fait peur. On ne peut pas le contrôler. J'ai l'impression que, dans tous les pays, on tente de minimiser l'accès à l'art pour mieux contrôler, on veut faire croire aux gens que le bonheur est matériel ( devenir riche, célèbre, passer à la télé...)

Heureusement, dans chaque pays, les hommes et les femmes recherchent une alternative... Ces gens- là sont l'espoir du monde... Ils font rêver et donner confiance dans la possibilité de réaliser ses rêves... J'en croise sur le chemin, le contact est établi, nos chemins se recroiseront peut-être.

On  me dit : Que c'est beau... Faire des choses sans penser au gain financier...

 

Certains me demandent :


Est-ce possible de vivre ainsi toute une vie?

 

Non, enfin oui, c'est possible, mais on a tous besoin de recevoir quelque chose en échange de notre production pour vivre, ce que je fais est rémunéré par l'hospitalité, les échanges, un enseignement, et parfois, de l'argent... Mais l'important est de faire les choses sans rechercher uniquement le bénéfice, prendre plaisir à ce que l'on fait, vivre et partager le moment.

 

Il est intéressant de se poser la question suivante :


Pourquoi faisons- nous les choses, dans quel but faisons-nous nos travaux quotidiens, que ressentons-nous lorsque nous les réalisons?


Au bord de la route, certains constats pourraient me mettre en colère ou me démotiver :


- Devant la pollution des pays riches ( pas seulement chez eux mais surtout dans les pays qu'ils exploitent)
- Devant les gouvernement qui contrôlent la pensée des peuples ( on veut faire croire aux gens que les émigrés sont la cause des difficultés des gens à trouver un travail). C'est ce qui avait conduit les Nazis à supprimer les Juifs... Or, il semble clair que le système dans lequel nous vivons conduit à la destruction ( pollution, consommation sans réfléchir aux réels besoins d'un être humain)... Les gens qui contrôlent la télévision sont ceux qui ont le pouvoir... Ces mêmes personnes ont besoin du travail et de la consommation des autres pour s'enrichir...
- L'indifférence  de certains face aux difficultés des autres...
Et si nous cherchions le bonheur dans la réalisation de ce pour quoi nous sommes sur terre... ce que nous murmure notre coeur...  Sûrement pas, assis devant la Télévision! Les hommes sont naturellement solidaires, la société tend à leur faire perdre cette solidarité naturelle pour leur inculquer un "chacun pour soi". A quoi bon être négatif, cela ne changerait rien, mieux vaut chercher le positif des situations. Evidemment, j'ai parfois des moments de fatigue physique ou mentale.. Mais cela se produit dans tout type de vie. Lorsque l'on sait que le combat que l'on mène est juste, on trouve les forces et souvent les appuis pour le poursuivre! Je vais continuer à vivre cette vie qui me rend heureux, ainsi que les gens que je rencontre.

 

Et si certains se laissent tenter par ce genre d'expérience de partage de passions, nous pourrions peut-être changer le monde!!!


On ne vit qu'une fois. La vie est un voyage, de la naissance à la mort, choisissons de faire un bon, un beau voyage...

Une décision et une devinette !


Devinette : Dans quel pays vais-je désormais aller ??? => réponse sur la carte ci-dessous !

Ah ah ah !

Réponse à m'envoyer avant le 26 septembre.

Les gagnants recevront un cadeau-surprise !!!

Bise à tous
Sam.