Pérou - 28/05/2007

Fantastiques moments au Pérou

La route :


J´entre au Pérou par l´unique frontière avec le Brésil. Pendant 700 kilomètres, sur une piste en construction ( la trans-océanique Brésil-Pérou), je marche dans la poussière mais de nombreux routiers m´aident. Cette région est la jungle ( moustiques, serpents, singes) . Je prends ensuite la route de Cusco ( capitale de la culture Inca) . Je me fais déposer à 5000 mètres d’altitude pour descendre en discutant avec les bergers... Je ne suis pas resté à Cusco ( des milliers de touristes), mais je suis allé dans les écoles des petits villages incas. J'ai ensuite pris la direction de la Bolivie en passant par la région de Puno et en longeant le lac Titicaca. Le jour, je suis en short mais, la nuit, il fait -10 degrés.


Le Pays :


Le Pérou est le seul pays d´Amérique du Sud qui possède les trois climats ( jungle, Montagne, côte). Plus de 70 langues y sont présentes. Le Quechua lien avec le site( http://fr.wikipedia.org/wiki/Quechuas) semble être la langue dominante après le Castellano (le mot "espagnol" semble être un mot tabou, les génocides et les violences de la colonisation sont des souvenirs très présents surtout dans la région de Cusco). Pauvre si on compare à ce que j´ai vu du Brésil, la vie des péruviens est dure. Les mines sont exploitées par les entreprises étrangères, les habitants sont en majorité paysans (moutons, lamas, alpagas) ou artisans pour le tourisme, beaucoup vivent du troc. Mon budget nourriture est de un euro (4 soles) pour une journée. Le salaire d´un péruvien est en moyenne de 100 euros par mois. En cette saison, l'hiver, la nuit descend à -10, -15 degrés, le gouvernement a déclaré l´état d'urgence dans certaines régions mais prend du temps pour réagir (des enfants sont morts de froid le mois dernier)...

 

Les échanges :


Il y en a eu beaucoup. Des visites dans les écoles de la jungle, chez les amérindiens de la jungle, chez ceux des montagnes (les descendants des incas).

Je dors dans un camp de chercheurs d´or dans la jungle, l´un d´entre eux joue de la Quena (flûte). Il me donne l´adresse de son père de 85 ans. Je lui rends visite dans son village de montagne (à 4500 mètres d´altitude). Le moment est merveilleux. 6 des petits enfants sont réunis. L'un d’entre eux me traduit en espagnol les contes de son grand-père (ils me parlent des mystérieuses cités d´or, des condors). Ensuite, il traduit mes contes bretons et écossais en quechua). Dans l´école du village, les enfants parlent tous quechua. De nombreuses personnes s'activent pour la survie de leur langue et de leur culture.

J´apprends à  porter des troncs d´arbres dans la jungle, couper du trèfle pour les vaches et peindre des occarinas pour les touristes dans la montagne. J´en ramènerai une.

 

Anecdotes :


- Dans une village amérindien de la jungle, tous les habitants passent la soirée silencieusement devant la télévision ( les enfants ne parlent plus leur langue). L'après- midi, je me suis lavé ainsi que mes vêtements dans le fleuve.

- Je marche dans le brouillard à 5000 mètres d´altitude, le froid est terrible. Je rencontre des moutons très étranges. Ils ont un long cou... Mais oui, j´avais oublié, je suis au Pérou, il y a des lamas et des alpagas!!!

- Dans la jungle, je rencontre un Chaman, il partage avec moi  quelques secrets, mais je ne vais pas les dévoiler sur internet, ah ah ah...

- Je suis pris en stop par des touristes et alors, avec eux, je visite quelques ruines. C´est intéressant, impressionnant. Mais on est sans arrêt harcelé par les vendeurs c’est pourquoi je préfère rencontrer les gens. Alors, je n´irai pas à Machu Pichu.

- J'ai dormi 5 nuits sous ma couverture de survie, dont une sur la place d'un village au milieu des paysans descendus avec leurs marchandises la veille du marché. La vie de ces gens est tellement rude... Au petit matin, sous les couvertures, je découvre des enfants de 3, 4 ans... Il a fait -15 degrés.

- Dans les grandes villes comme Cusco, les rencontres m'offrent un hébergement (une nuit dans un salon de coiffure, une autre dans la famille d'une étudiante)

- Tout en ramenant la nourriture des vaches sur mon dos, je chante des chants appris (à Plaintel) en Bretagne ( "m'en revenant de St Brieuc, m'en revenant de St Brieuc, là,  j'ai passé pour voir nos blés, Papillon vollage, y'a ti rien de plus beau que..." Les quechuas chantent dans leur langue " Urpito tchata, uva curcani". Le souffle nous manque, mais pas le sourire.

- Au bord d'une route, une vieille femme m'invite à goûter sa chicha (alcool de maïs fermenté). Elle me chante la marseillaise... Un de ses souvenirs d'école...

 

- En grimpant un col, je croise deux cyclistes anglais, ils arrivent de la terre de feu ( en Argentine) et remontent jusqu'en Colombie. Ils me prennent en photo.

Quand je marche en montagne, je machouille des feuilles de coca, cela coupe la faim, donne des forces et permet de supporter l'altitude. Ces feuilles font partie de la culture des Incas. Ce sont les Américains et les Européens qui ont inventé la cocaïne et qui veulent que la coca soit illégale. Alors qu'ils l'importent. En tout cas, les thés de coca ont guéri mon estomac (qui avait subi le choc de l'altitude).

- Je passe quelques heures à l´alliance francaise ( cours de francais), nous passons un moment sur le site. Je me sens tout drôle en écoutant l´interview avec les prisonniers de Montréal. Pour bien vivre le présent, je dois mettre le passé de côté. Voici bientôt 10 mois que je suis sur la route.


- Dans une école, j´apprend une chanson en Quetcha, je chante la chanson des aztèques du Mexique, des mayas du Guatemala.


- Je suis interviewé par une radio locale ( pas de possibilité d´enregistrement), Je chante en Breton, en Aztèque, en Quetchua, en Français et en Espagnol. Un jeune qui écoute la radio débarque dans l'émission pour déclamer un poême en quechua. Au ton de sa voix, je sens que son coeur est entièrement dévoué à sa chanson, ses racines vibrent en lui...


- Au bord du lac Titicaca, je rends hommage à Yves Nicolas ( de Ploeuc sur Lié) en jouant un air qu'il m'avait appris à la bombarde. Les lamas et leurs bergers tournent leurs têtes, On peut être loin des gens physiquement et les sentir très proches...


- A 40 kilomètres de la frontière de la Bolivie, je marche. Un chauffeur s'arrête, il va dans ma direction, il me dit : " Dieu nous a offert cette vie, elle est tellement courte qu’on n'a pas le temps d'être triste et négatif. Vis aujourd'hui comme si c'était  ton dernier jour sur terre. La joie est la pierre philosophale qui transforme tout en or." Il me laisse à la frontière, le soleil brille. Je prépare mon passeport.


La marche permet vraiment d'être en contact avec les gens, de voir leur vie, de répondre à leurs questions. Parfois, les gens me croisent, ils me revoient le lendemain 50 kilomètres plus loin, ils s'arrêtent. Ils veulent savoir ce que je fais, pourquoi je le fais, et décident alors de m´inviter chez eux, dans leur village. Ces moments d'hospitalité familiale sont un ressourcement nécessaire à ma santé physique et morale... Je reçois les conseils et partage les moments qui permettent de continuer...