Guyane française - 2/05/2007

La Guyane française

 

Je traverse le fleuve du Maroni, et me voici en France...


Je parle à nouveau  ma langue maternelle.

Le stop n'est guère plus facile car un voyageur reste un voyageur quelle que soit sa nationalité. Les gens des pays riches ne sont pas plus accueillants que les autres.

 

Mon frère Guillaume habite Cayenne où il travaille jusqu'à juin. Quel plaisir de vivre les retrouvailles!!!

Un peu de repos, un peu de confort, cela permet de décompresser doucement.

 

Echange :


Je me rends dans plusieurs collèges pour partager mon expérience de voyage et les contes avec les élèves. Le conte est, du fait des cultures de ces enfants, quelque chose qui les touche...


Dans un collège, une classe a gagné un concours de contes. Le projet a permis aux enfants d'apprendre à s'accepter, à se connaître. Voici les nationalités dans la classe : Mong (Laos), Amérindien, Brésilien,Suriname, Guyana, République Dominicaine, Guadeloupe, Métropole, Haïti... Quand on se connaît et qu'on connaît ses racines, il est plus facile d'accepter celles des autres... Ces projets contribuent à combattre le racisme qui naît de l'incompréhension de l'autre culture, de la peur de la différence ressentie comme une agression...

- En remerciement de mes animations auprès de ses élèves, un collège de Cayenne ( collège kataye) m’a demandé ce dont j’avais besoin… Depuis de Vénézuela, je voyageais sans appareil photo ( un oubli dans un véhicule). J’ai désormais un nouvel appareil photo, troc en échange de contes

- J’ai conté dans plusieurs lieux en Guyane ( écoles, collèges, petit déjeuner du secours catholique, samu social, soirée dans un bar). J’ai voulu le faire à la prison pour partager mon expérience avec les détenus de la prison de Cayenne mais la personne qui pouvait me donner l’autorisation était en vacances jusqu’au mois de juin… Dommage...


Anecdotes :


- Lors d'une ballade en forêt, j'observe un paresseux. C'est pratique car il ne risque pas de s'enfuir. Il tourne juste la tête de l'autre côté pour ne pas être dérangé.

- En faisant ma procuration, je discute du Guyana au bureau de police, les policiers français ont une image totalement opposée de la mienne du Guyana et de ses habitants qu'ils arrêtent en Guyane pour vol ou trafic de drogue, ils les considèrent comme des sauvages... Et moi qui ai une si belle image du Guyana... j'en ai ramené des contes, chants, danses, recettes...

- J'avance toujours de la même façon, l'argent ne m'aide ni à avancer, ni à dormir... Ce sont les rencontres qui le font...

- Les pluies sont impressionnantes, (rues inondées en quelques minutes), j’arrive toujours à trouver un abri à temps. Sinon, je me sèche...

Une pause qui fait du bien.

Reparler français après 6 mois d’immersion ( en anglais ou en espagnol) m’a fait beaucoup de bien, m'a reconnecté avec mon pays. Retrouver mon frère, appeler la famille en France..


J’ai eu ma première douche chaude depuis 5 mois. Les shampooings à l’eau froide, on s’y fait bien…


Je m’en suis surtout rendu compte en sortant de Guyane, mon esprit était reposé, mes jambes et mon dos plein de forces, prêt  pour continuer le voyage…