Janvier 2018 : Brésil et Vénézuéla

Bref passage par le Brésil

 

La vie semble prendre soin du voyageur... Ma facon de la remercier est d'offrir le meilleur de moi meme a chaque rencontre, dans chaque intervention scolaire... Les latinos l'appellent Dieu, d'autre la providence, ou l'énergie de la vie... C'est a elle que je dois tout ce voyage... Toujours a pied et avec l'aide recu, toujours de maison en maison, d'écoles en écoles...

Un couple de Brésiliens ne récupere sous le soleil et m'invitent a passer une soiré chez eux...  

Fruit cajou que je savoure au bord des routes ( qui donne aussi la noix...) 

 

Vénézuéla

Vu la situation de ce pays et l'accueil recu lors de ma traversée de novembre, je me devais de revenir y partager de mon temps, de mon énergie...

Les enfants ne sont pas responsables de la folie des adultes, ils ont tous le droit de rever, de s'amuser, d'apprendre, pour construire un monde meilleur...

Que dire ?

C'est la première fois que j'entre dans un pays en versant quelques larmes... La vision de ces hommes, ces femmes et ces enfants qui quittent leur terre car ils ne peuvent plus y vivre... Ici, aucune guerre, simplement une situation économique et humaine invivable... Une situation absurde...

Je viens d'y passer 5 semaines et ayant répondu a certaines questions je ressort avec de nouvelles...
En novembre dernier, je me suis rendu de la frontière colombienne a la frontière du Bresil. 2500 kilometres a pied et avec l'aide des chauffeurs et deux mois plus tard, a la fin janvier, je suis revenu en Colombie par le même chemin en reparcourant ces 2500 kilometres... La situation n'a fait qu'empirer...
A chaque frontière, les jeunes adultes quittent le pays pour chercher une façon de soutenir une famille, des parents, des enfants restés au pays.
Le salaire mensuel minimum est de moins de 2 euros, salaire d'enseignant, d'employer de banque...
Sachant que pratiquement toute la nourriture est importée, il est simplement impossible de vivre de son travail.
L'unique production du pays semble être le pétrole. La baisse du prix du baril ne peut pas expliquer cette crise terrible. Un projet de société qui se dit contre le capitalisme et qui n'encourage aucune production alimentaire, aucune agriculture semble évidement voue a l'échec...
Le pétrole ne se mange pas.
Le litre d'essence coute moins d'1 bolívar a la pompe tandis qu'un oeuf coute 14000 bolivares... On peut imaginer que les habitants se livrent logiquement a des activités de contrebande avec les pays voisins pour survivre... Cette économie parallèle et le flux migratoire déstabilise d'ailleurs les pays voisins. Les files d'attentes devant les stations essence sont de plusieurs heures. Il n'y a donc pas d'économie dans le pays, juste de la corruption et de la contrebande... Un rouleau de papier toilette coute plus cher que l'équivalent de feuilles en billets de 100 voir même de 500 bolivares...
 
Les poubelles et déchets jonchent les bord de route... Les vautours font office d'éboueurs.
En offrant des contes dans une quinzaine d'écoles, j'ai été témoins de l'impossibilité pour les enseignant de vivre de leur travail, de leur souffrance et de celle des enfants. L'éducation est totalement dévalorisée car elle ne mène a aucun emploi permettant de vivre.
Certains élèves se plaignent de la faim ou ne peuvent assister a l'école par manque de moyens de leurs parents. Pneumonie, malaria sont des maladies courantes que les hopitaux ne peuvent pas soigner par manque de médicaments.
Les contes sont pourtant les bienvenus dans les écoles et j'offre le meilleur a ces enfants très reconnaissants qui se demandent pourquoi je viens dans un pays que tous veulent quitter... 
 
Ils s'attachent vite a une personne qui les sort des discussions quotidiennes des adultes déprimés aux activés illicites...
 
 
 
 

Triste situation...
A qui la faute ?
 
A la tentative par un pays de recherche d'un idéal inaxessible d'équité entre les hommes? A l'intolérence et a la guerre économique entre les gouvernements d'opinions différentes?  En attendant, les sanctions internationnales et l'entetement d'un gouvernement, la folie et l'egoisme des humains n'ont pour conséquence que l'aggravation de la souffrance d'un peuple... 
 
 
 
En ce moment, la seule façon cohérente de survivre dans ce pays semble être de posséder une petite ferme et de chercher l'autosuffisance alimentaire... Je passe un moment avec une famille dont le fils ingénieur et la fille infirmière sont revenu vivre sur la ferme de leur parents ( production de 15 litres de lait par jour).
 
 
 
Ils mangent a leur faim, nourrissent leurs enfants en apprenant un nouveau métier... 
Le fils me dit, positif, " Cette crise nous donne la possibilité de changer..." 
 
 
Je m'attache moi aussi à ces gens en lutte pour leur survie dans leur pays...