mars 2017 : Bilan de voyage - travel report

Bilan de 8 mois sur les routes

Parti de Ploeuc sur Lié le 6 août dernier après avoir été 5 mois bénévole à Calais, voici 8 mois que je marche sur les routes d'Europe. 

Je voulais partager quelques mots au sujet de cet accueil merveilleux que je reçois chaque jour. On peut dire que ce voyage est un hymne à la confiance humaine, la générosité, la compassion...

Je marche, je tends le pouce et, à chaque fois qu'une voiture s´arrête pour m'aider, à chaque fois qu´une maison m'accueille ( chaque soir), je sens que la magie humaine opère... En passant dans les écoles, je parle de la beauté des cultures des pays voisins, des pays lointains, de celle de la Bretagne, je veux aussi montrer aux enfants qu'ils pourront un jour, choisir d'avoir la liberté d'être eux-même, de penser par eux-même... Ils pourront choisir ce qu'il veulent offrir à la société, au monde. Mon but est de créer des moments de partages et, sur ce chemin, je rencontre des gens de tous les horizons... J'apprends un conte et une chanson de chaque pays, de chaque culture et je porte ces petits trésors un peu plus loin. Le monde est finalement ce que l'être humain veut en faire... J'ai accepté ma destinée de nomade et de porteur de contes en musique et il semble que le monde m'accueille ainsi.

Durant ce parcours, j'ai aussi croisé à plusieurs reprises des réfugiés politiques, des migrants à la recherche d'une terre d'accueil. Ils portent beaucoup de tristesse, celle d´avoir une vie brisée... Ce sont pourtant encore eux qui trouvent le plus naturel de faire leur possible pour aider le voyageur sur sa route...

Dernièrement, en Norvège, les gens se sont confiés à moi " les réfugiés nous réapprennent ce qu´est l´hospitalité", nous l´avions oublié car nous vivons de façon égocentrique, nous avons tout mais ne sourions plus, nous ne faisons qu'amasser toujours plus car nous voulons toujours mieux...

" Une immigrée péruvienne m'offre une phrase : "l'être humain est toujours en quête de lui-même mais s'il perd sa solidarité, alors il perd son horizon..."

Ce voyage est une démarche un peu extrême qui me permet de prendre du recul sur une société, de comprendre que notre planète est notre plus grand trésor... Un esprit positif m'habite, je n'ai pas utilisé d'argent épargné pendant ces 8 mois. Je veux prouver que le troc peut être un choix de mode de vie... A nous de choisir quelles relations humaines nous voulons mettre en place lors de nos activités... Je pense que l'argent doit simplement être une énergie qui permet plus de partages... J'en ai reçu un petit peu en jouant de la musique dans les rues de Grèce, Turquie, Géorgie, Russie, Finlande, Norvège, Islande... Quelques écoles et habitants m'ont aussi fait un petit don pour soutenir ma démarche. Cela me permet de poursuivre... 

Voici donc une carte de mon parcours de 8 mois :

 

Si je dois décrire quelques moments fort de partages lors de ce voyage en faisant une généralisation, je dirais : l'accueil des écoles pour le conteur-voyageur, la gentillesse des kosovars, la solidarité des grecs, le soutien des turcs, l'enthousiasme des Russes avec qui j'ai passé Noel et le nouvel an, l'accueil des réfugiés dans leurs conditions de vie précaires, l'auto-stop par -28 degrés en Russie et en Finlande et l'intensité des retrouvailles avec les gens, les familles rencontrées lors de mes précédents voyages ( de 2003 et 2008) ... 

Je vais donc poursuivre ma vie de conteur nomade pour continuer à réunir les gens, à créer des moments d'harmonie là où le voyage me mènera. Mon objectif est désormais d'aller à la rencontre des habitants du pays des " descendants des réfugiés européens": en Amérique du Nord...