Août 2016 : A la rencontre d'autres "voyageurs"- meeting with other "travellers"

bleu : français

green : english

6 of August 2016 : Start

I am stating a new trip in England to hitch-hikke to Greece. Touch by the moments shared in Calais with the migrants, I have decieded to remeet some of them in England. Knowing the luck of being born in Europe, I will do the journey contrary. I have no time limit and my aim is to share stories, tales, songs, dances, reflexions with the people I will meet. I travel without tent and phone to celebrate the present time and meet the other every night in their house.

6 août 2016 : départ pour l'Angleterre

Je suis parti avec l'idée de rallier l'angleterre à la Grèce à pied et en auto-stop. Touché par les moments partagés avec les migrants à Calais, j'ai décidé d'aller en revoir quelques-uns en Angleterre et, conscient d'avoir la chance de pouvoir traverser les frontières avec ce passeport francais, je vais faire le voyage inverse pour rejoindre les camps de réfugiés en Grèce. Je ne me donne pas de limite de temps pour ce voyage, mon objectif est de partager contes, chants, danses, discussions avec les gens que je croiserai sur mon chemin. Je voyage sans tente et sans téléphone pour célébrer les rencontres du moment présent et avoir à aller à la rencontre des autres chaque soir... 

J'ai retrouvé Emad le Syrien à Stockton près de Newcastle, Abdul le soudanais à Manchester, Ammar le frère d'Emad à Cardiff, Mohammed le bédouin à Glasgow, et d'autres amis. Les histoires de chacun sont très touchantes et très dures. Tous aimeraient revoir leurs familles restées au pays, leurs amis mais pour des raisons de sécurité, ils devaient partir... Ils savent désormais qu'ils doivent reconstruire une vie dans ce nouveau pays. Je réalise la difficulté de se reconstruire après avoir tout perdu ( matériellement mais aussi culturellement (langue, lien familiaux, amicaux, culture, pays... ))

Quelques échanges culturels :

j'ai appris une chanson en arabe auprès d'une femme voilée dans une la bibliothèque municipale de Newcastle. Elle était originaire d'Arabie Saoudite et était très contente de m'apprendre une berceuse dans sa langue maternelle.

J'ai ensuite appris une chanson albanaise auprès d'une réfugiée de ce pays, cette chanson parle de l'attachement des albanais pour leur pays :

Emad m'a partagé des textes qu'il a écrits :

Emad in Stockton shared some reflexions with me:

10/07/2015
...Fate and destiny....

Sometimes in your life things happen, you can't expect or imagine that will do. I had everything in my life in Syria, more than any single young man can dream to have.

Suddenly, I lost everything... this is the first time in my life I am far away from my family, I lost my home, many of my friends have died, I lost my love, my university, my car, my livelihoods, my home town and my home country. My parents said it is ok, we are not sad; the most important thing for us is you and your brothers, you are far away from us, but at least we know you are safe.

Last few years I had been in a very bad situation, many things had happened
made me feel like it is the end of my life.
I had suffered too much, that was enough to make me decide to make a decision: kill my self or get up from under the rubble and debris.

10/07/2015

... Destin ou destinée... Quelque fois, des choses arrivent dans votre vie que vous ne pouvez pas imaginer... J'avais tout ce dont j'avais besoin en Syrie, plus que ce dont un jeune homme aurait pu rever d'avoir...

Soudain, j'ai tout perdu... C'est la première fois de ma vie que je suis séparé de ma famille, j'ai perdu ma maison, beaucoup de mes amis sont morts, j'ai perdu celle que j'aimais, mes diplomes universitaires, ma voiture, mes moyens de subsistance, ma ville natale et mon pays natal. Mes parents sont restés la bas, ils disent que ca va, qu'ils ne sont pas tristes; que le plus important est que lui et ses frères, qui sont loin d'eux soient en sécurité. Durant ces dernières années, il s'est passé de nombreuses choses qui m'ont fait penser que ma vie touchait à sa fin. J'ai trop souffert et cela m'a fait prendre cette ultime décision entre me donner la mort ou me relever et sortir des gravats et des décombres...

04/06/2015

I started my journey into the unknown future. Dangerous inflatable boat, 36 days of walking on foot through Europe chased by police, 11 countries I had to pass to come into my dream, the safety, my new life.

04/06/2015

J'ai commencé mon voyage dans ce futur inconnu... Un dangereux bateau gonflable, 36 jours à pied à travers l'Europe, poursuivit par la police, 11 pays traversés pour parvenir à réaliser ce reve : la sécurité, une nouvelle vie...

10/07/2015 when I reached Dover ( England), I cried, I kissed the ground and thanked my God, I am here, FINALLY.

I came without any English, without friends, without my family. I had to do everything for myself, without any help. It was really hard.
Because of that, I started to help other asylum seekers and refugees and also English people who need help, whatever was their religion or colour, because now I know what it means to be alone in another country with different language and different culture.

After a few weeks I started to meet people who really gave me the hope, helped me to change my life.

10/07/2015 Quand je suis arrivé à Douvres ( Angleterre), j'ai pleuré, j'ai embrassé le sol, remercié mon Dieu, j'y suis parvenu, finalement...

Je suis arrivé avec un très faible niveau d'anglais, sans ami, sans famille, j'avais tout à reconstruire, sans aide. Cela a été difficile. A cause de cela, j'ai commencé à aider d'autres demandeurs d'Asile et réfugiers ainsi que des anglais qui avaient besoin d'aide, je sais désormais ce que signifie etre seul dans un autre pays avec une differente langue, une differente culture... Après quelques semaines, j'ai commencé à rencontrer des gens qui m'ont réellement redonné espoir et m'on aidé reconstruire ma vie

10/07/2016

My home, Syria...

I will continue to believe, even if everyone loses hope.
I will continue to love, even if others distill hatred.
I will continue to build, even if others destroy.
I will continue to talk about peace even in the midst of a war.
I will continue to illuminate, even in the midst of darkness.
I will continue to sow, even if others trample the harvest.
And I will continue to shout, even if others are silent.
And I will draw smiles on faces in tears.
And I will bring relief, when I see the pain.
And I will offer joyful grounds where there is only sadness.
I invite to walk the one who decided to stop ...
And I will stretch out my arms to those who feel exhausted.

My home..Syria
miss you❤

10/07/2016

Chez moi, en Syrie

Je continuerai d'espérer meme si certains ont perdu espoir. Continuer d'aimer meme si d'autres distillent la haine. Continuer de construire meme si d'autres détruisent. Continuer de parler de paix, meme dans le brouillard de la guerre. Continuer d'illuminer meme dans la profonde noirceur. Continuer de semer meme si d'autres pietinent les recoltes. Continuer de crier, meme si d'autres restent silencieux. Et je dessinerai des sourires sur les visages en larmes. J'amenerai du secours quand je verrai la souffrance. J'offrirai des motifs de joie, là où n'existe que souffrance. J'inviterai à se remettre à marcher celui qui s'est arreté sur le chemin... Et je tendrais mes bras vers ceux qui se sentent épuisés...

Chez moi, Syrie, tu me manques

24 août 2016 : passage par Calais

 J'ai retrouvé les amis calaisiens et aussi les migrants et les bénévoles. Le nombre de personnes vivant à la jungle a doublé depuis le mois de juin... Environ 9000 personnes vivent désormais dans ce lieu et des conditions de vie insâlubre. Un être humain qui fuit la guerre devrait pouvoir garder sa dignité. Je trouve toujours aussi aberrant que la France et l'Angleterre qui continuent de vendre des armes tentent simplement de "gérer" la crise migratoire avec des grillages, des CRS... Et ces armes vendues, serviront-elles à faire la paix? Il suffit de prendre le temps d'écouter l'histoire de l'un d'entre eux pour comprendre la détresse de ceux qui, contre leur gré, par soucis de sécurité, doivent abandonner leurs familles, amis, amour, langue, culture, emploi, et se lancer dans un voyage sans retour... Evidement qu'après ce qu'ils ont vécu, ils sont prêt à risquer leur vie pour atteindre ce lieu de paix... Plus que jamais, je ne fais plus confiance aux médias qui savent si bien manipuler les esprits avec des images et déclarations de politiciens...

Les déclarations racistes que je peux entendre chez certains conducteurs qui me prennent en stop me prouvent que c'est cette peur de ce qui est différent entretenu par les médias qui rend l'humain si vulnérable et le transforme en une proie possible pour les amalgames xénophobles...

Ce sont les initiatives individuelles comme celle de Papito et Mounette qui accueillent Amira chez eux le temps qu'elle puisse voler de ses propres ailes qui me redonne espoir en l'humanité...

Je fais une pause à Metz chez un réfugié soudanais en demande d'asile,il me partage un de ses poèmes

I stop in Metz and spent some time with a soudani refugie ha shares a poem with me :

 

 

je poursuis la route...

4 septembre 2016 : Accueil Suisse

La première voiture qui m'a pris en stop en Suisse m'a offert un accueil très chalheureux : Barbecue, soirée contes avec les voisins, discussions... Selon mon hôte, tous les propos racistes ne sont que des "vues de l'esprit" tandis que lorsque l'être humain se retrouve confronté seul à seul à une autre être si différent soit-il, il fait de son mieux pour partager ( donner, recevoir, aider, sourire...)

 

 

Je fais une pause à Bienne/Biel, ville billingue pour rencontrer un vieil ami, une école et une conteuse...

Voici la présentation des élèves d'une des classe:

Et un chant traditionnel suisse :

Les suisses sont trés surpris quand je témoigne que le stop fonctionne à merveille et que les habitants sont d'un très grand accueil. Par deux fois, des agriculteurs ont accepté que je dorme dans leur grange et sinon, j'ai chaque soir été invité dans une maison. Depuis mon départ (6 semaines), j'ai réussi à fonctionner sans argent, uniquement avec le troc ( les contes et la musique sont les bienvenus dans la vie des gens... l'écoute et les les coups de mains aussi...).

Je suis parti à la rencontre des locuteurs de la 4ème langue officielle de Suisse ( le Romanche). Je suis touché par la manière dont les 25000 derniers locuteurs prennent soin de leur patrimoine. Je ne peux m'empecher de comparer la situation de la suisse avec ses 4 langues officielle qui fait que la pluspart des gens sont trilingues voir quadrilingue ici et la situation de la France ou les langues régionales ne sont pas reconnues et valorisées. Ce sont pourtant ces régions et leurs diversités qui font la richesse culturelle d'un pays et sa tolérance envers les autres cultures.

Bref, les Romanche m'ont impressionné par la chaleur de leur accueil et leur curiosité à l'egard des autres langues minoritaires, la rencontre avec les adolescents s'est faite en mélangeant l'Allemand, l'anglais et le francais et nous avons partagé du breton et du romanche !

Voici un de leur poème que j'ai traduit avec un enseignant ( il faut imaginer la scène dans un village à 1600 m d'altitude dans les Alpes il y a un siècle):

Le village silencieux reve en écoutant le ruisseau chanter les contes anciens

De temps en temps, le veilleur fait entendre sa chanson, et, une fois qu'il est passé, le silence reprend sa place

Les heures que sonnent le clocher tout pres, tremblent dans l'air et se défont dans le vent

Tout en haut dans le ciel, les étoiles dorées, spendeurs éternelles, brillent...

Pourquoi bats-tu si fort, oh mon coeur?

12 septembre 2016 : Passage par l'Autriche

Retrouvailles avec Erik, le correspondant que j'ai gardé depuis ma classe de 4éme au collège. Il vit en collocation sur un projet de vie en collectif.

Je passe deux heures avec les enfants de 8 ans d'une classe multiculturelle:

Un moment de partage merveilleux avec une classe qui semble un refuge pour des enfants Syriens, araméen, afghan, turcs, tchétchène qui créent des nouvequx liens amicaux avec les enfants autrichiens... Pour la première fois, je m'aventure à conter en Allemand... Je conte une histoire bretonne de Yann et de sa vache, les enfants m'aident et prennent plaisir à aider un adulte à s'exprimer dans une langue qu'il doivent rapidement maitriser pour pouvoir faire leur scolarité... Les danses bretonnes et celles ramenées des voyages sont appréciées... Les enfants sont trop timides ou un peu intimidés pour partager une chanson dans leur langue. Pas facile de se "fondre" dans une nouvelle culture tout en ne perdant pas la richesse de ses racines... Les enseignants espèrent que ces enfants ne seront pas de nouveau déplacés car les difficultés du voyage qu'ils ont subit leur ont fait vivre énormément d'instabilité. Si les adultes le leurs permettent, ils vont enfin pouvoir poser quelques nouvelles racines.

 

Je passe un moment dans une ferme pédagogique

Je retrouve Germana, née en 1930, je l'avais déjá rencontrée en 1991 quand j'avais 13 ans lors de mon voyage scolaire en Autriche. Je l'avais revue en 2002 et 2008.

Le pas serein de son âge se lie à la malice de ses yeux d'enfant. Elle incarne des années qui, en apparence, ne lui pèsent pas. Il y a de cela 25 ans, elle m'avait touché en tant qu'adolescent et aujourd'hui, elle me touche de nouveau. La voir sortir sa flûte, sa partition et retrouver son agilité, faire sa confiture où l'entendre chanter... La vie peut-elle encore surprendre cette femme qui respire l'acceptation, la volonté, le contentement et l'amour ? Merci à toi paisible joyau des montagnes, pour la force que partagent nomades et sédentaires...

  

23 septembre 2016 : Hongrie

Retrouvailles avec de vieux amis. Quel bonheur de retrouver des familles rencontrées lors des précedents voyages.

Les enfants ont grandit, les partages sont nombreux et la chaleur des retrouvailles me donne beaucoup de force pour continuer ce voyage...

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je rencontre aussi Abdul aziz, il vient d'obtenir son droit d'asile en Hongrie mais a peur de l'attitude des gens. Ces derniers montrent leur hostilité envers les réfugiés.

En passant en Hongrie quelques jours avant le référendum, je témoin de la campagne de la peur dans les médias, tout ce que l'ont de ces gens est négatif...

Pourtant, les hongrois me prennent en stop, de m'offrent un hébergement pour une nuit, un repas... Finalement le vote est a 98% contre l'accueil des réfugiés, même les hongrois qui sont allé travailler quelques années en Angleterre avent de rentrer au pays votent contre l'accueil des migrants, avec une campagne médiatique de terreur, cela ne surprend personne... 

 

26 septembre 2016 : Retour en Allemagne

En entendant par les habitants d'Autriche qu'un groupe Nazi s'est battu avec un groupe de réfugiés, j'ai décidé de faire un aller-retour express en Allemagne pour écouter les gens et découvrir Bautzen à l'est du pays. On me dit que ce qui s'était passé était très différent des faits relatés dans les médias. Une fois de plus, les hommes politiques ont profité de la presse sensationnelle pour exagérer la situation et l'utiliser à leurs fins. les presses étrangères ont à leur tour exagére les nouvelles et les hommes politiques étrangers les ont eux aussi exploités ces nouvelles dans leur intérêt. 

Voici quelques chants collectes dans les écoles de Bautzen.

Un chant en canon connu en France :

Et une surprise :

Un chant moyenâgeux

Une étudiante d'origine russe et ukrainienne m'héberge dans sa famille et joue de la cornemuse.

  

1er octobre 2016 : Serbie 

Un très bel accueil et encore des retrouvailles. Le pays a du mal à digérer l'après-guerre.

Rencontre avec deux grands amis : l'un descendant de musulmans et un descendant de juif...

Un raz le bol de la corruption des politiciens, les gens n'ont plus d'espoir envers leurs gouvernants. La yougoslavie était un tellement beau pays avant le conflit... Un pays où cohabiteaient des êtres de cultures riches . Ils n'avaient pris conscience de leurs différences qu'au moment où les politiciens ont déclenché la guerre civile des balkans... Comme en Syrie : Encore un conflit d'intérêts internationnaux... Cela donne envie de devenir allergique aux religions et aux politiciens... Ils semblent forces d'être verreux pour atteindre leur poste et devoir servir l'économie de la guerre. Les grande puissances  ( USA, Russie, Angleterre, France...) se permettent de déclencher des guerres pour vendre leurs armes et relancer leurs économies...

Arrêter les guerres est donc impossible actuellement puisque les économies des grandes puissances fonctionnent grace à elles. Ceux qui en vivent les conséquences sont les citoyens des pays ( pas les très riches bien sûr)...

 

4 octobre 2016 : Bosnie

Je me rends dans une école et constate que les enfants des communautés chrétiennes, musulmanes et orthodoxes sont désormais séparés. Ils apprennent une histoire différente. Ils ne vont pas dans les mêmes écoles. Ils parlent la même langue mais ne se côtoient pas. Les adultes sont tristes de constater que leurs enfants ne pourront pas vivre la multiculturalité... Les volontés politiques sont donc de séparer les gens. En tant que voyageur, je suis bien accueilli dans des communautés qui ne se connaissent pas les unes les autres.

Un chant dans une école secondaire :  

 Moments dans la famille de Mustafa et chez son oncle luthier et musicien

 

 

7 octobre 2016 : Monténégro

Un pays a la nature très variée et très belle. Je traverse la partie montagneuse. Un soir, je frappe à la porte d'une petite ferme. La femme âgée est craintive, elle appelle ses enfants, puis le médecin. C'est ce dernier qui parle anglais qui donnera l'aval pour que je loge dans la grange.

  

9 octobre 2016 : Kosovo

Je vis un accueil surprenant. Sans doute le plus chaleureux de tout ce voyage et pourtant, la publicité envers ce pays n'avait pas été très positive.  Les véhicules s'arrêtent pour m'aider avant même que je n'ai tendu le pouce. La communication est relativement facile car les plus jeunes savent parler anglais, français ou allemand. De nombreuses personnes ont passé quelques années à l'étranger  avant de revenir au pays en parlant la langue de ce pays d'accueil.

Que ce soit par les serbes du nord (10 % de la population)

 

ou par les albanais ( 90% de la population)

 

La générosité est incroyable. Les deux communauté ne se côtoient pas car ils se sont fait la guerre récemment. 

Enseignants de l'école 

Deux élèves me chantent un chant patriote.

 

Ici plusieurs personnes ont perdu un membre de leur famille a la guerre.

L'enseignant de mathématique passe un message, il aimerai lui aussi pouvoir avoir le droit de visiter l'Europe et de pratiquer son anglais :

Et un garçon apprend un peu de français en 3 minutes (impressionnant) :

 

Et voici les 36 lettres de l'alphabet du kosovo:

 

Une Classe d'une école de Calais est d'accord pour correspondre avec cette école pour partager cultures et idées, combattre les préjugés envers les habitants des pays dont des ressortissants ont fuient la guerre à une époque de leur histoire.

11 octobre 2016 : Macédoine.

Dans ce pays je sens la population divisée. Les Macédoniens et les Albanais de Macédoine parlent deux langues et aucun effort pour les rapprocher ne semble envisagé... 

Tous m'accueillent tres bien et se plaigne des autres. Je passe une nuit dans une mosquée. On me dit : " Cet endroit est la maison de Dieu, Allah est le même Dieu que celui des autres êtres humains, tu peux donc t'y reposer "

Dans une écoles, les enfants me montrent la danse Makedonsko devoytché https://www.youtube.com/watch?v=WYE3dO7LDRk

 

14 octobre 2016 : Grèce

Lors de ma première nuit en Grèce, il fait froid dehors, je réussi à être accepté par un agriculteur et il est symbolique d'être réchauffé par la chaleur des pommes de terres dans le hangar où il m'autorise à dormir.

On me montre une vidéo de crete qui témoigne de l'exaspération des hommes envers les politiciens et aussi de l'espoir qu'il reste dans la culture et les futures générations. https://www.youtube.com/watch?v=AufQINNTbNc

et une autre d'une danse traditionnelle grecque https://www.youtube.com/watch?v=iXCWKIubGcs

J'ai passé une dizaine de jours dans la ville de thessalonique pour proposer des activites de jonglage et de contes aux enfants syriens, kurdes, afghans dans les camps de refugiers. Dans cette ville, j'ai rencontré des gens très accueillants et tres investits. Chacun à sa facon aide les refugiés qui cherchent une solution pour vivre paisiblement. 

- Des commercants offrent la nourriture qui doit être mangée le jour même ( sandwichs, pain, fruits, légumes...) 

- Des bénévoles la distribuent.

- Des gens ouvrent des maisons innocupées depuis des années pour permettre aux gens fuyant la guerre de se reposer la nuit.

- Une association "antigoni" propose des activités pour les enfants dans les camps.

C'est avec antigoni que je me suis associé pour proposer des activités de contes.

Nous avons dessiné les histoires pour pouvoir les conter malgré la barrière de la langue ( aux enfants, syriens (langue arabe), kurdes ( langue kurde), afghans ( dari ou pashto selon leur origine)

 

Je rencontre Christo qui apporte chaque soir à manger aux SDF grecs et aux migrants, son engagement quotidien est un bel exemple de solidarité.

 

 

 

 

Je prends quand même le temps de découvrir un peu la culture grecque :

un luthier qui fabrique des lyres et quelques monuments des temps anciens

 

 

A Athènes, j'ai été accueilli par la communauté soudanaise et tisse des liens avec des hommes qui m'ont expliqué les raisons de la guerre dans leur pays. Une fois de plus, ce sont les grandes nations de ce monde ( USA, Russie, Angleterre, France...) qui ont des intérêts financiers et qui destabilisent les nations pour pouvoir tirer profit des conflits... Il s'agit de guerres économiques... On m'invite à une soirée anniversaire d'un enfant érythréen

 

Par l'actualité, j'ai appris que les migrants de Calais étaient source de discussion en France... En obligeant les gens à quitter Calais, l'état francais semble loin de proposer une solution pour tous ces êtres, derrière un coup d'éclat médiatique, il ne fait que se noyer dans le problême au détriment des droits humains. Voici un blog qui relate un point de vue de gens investit depuis des années à Calais : https://passeursdhospitalites.wordpress.com

En lisant les propositions de l'Etat, je repense aux soudanais qui disaient que les chefs d'Etats, dictateurs de leurs pays, sont soutenus par les "démocraties" européennes ( il ne serait pas étonnant que les chefs d'Etats Europennes se filicitent de limiter les arrivées de migrants sans que l'on se doute des moyens utilisés par leurs "homologues" pour parvenir à leurs fins...

Ce voyage me permet d'entendre des témoignages humains qui me confirme que nos soit-disantes " vérités" ne sont que des illusions... Plus j'avance et moins j'ai de certitudes... Je tente de m'informer auprès de la population locale mais lorsque je ne connais personne je suis dans la même situation que les autres : dois-je croire ce que disent les médias contrôlés par les puissances financières ou les états. En quelle source d'information puis-je avoir confiance??

 

30 octobre 2016: Ile de Lesbos

A 15 km de la Turquie, cette île est un lieu ou les refugiers viennent tenter de passer en Europe.

Depuis avril 2016, l'Union Européenne a décide de fermer ses frontières. Les grecs appliquent ces décisions tout en tentant d'aider les gens déja sur place. Métiers de l'humanitaire, tourisme humanitaire, arrivée des réfugiers, l'économie de l'île a été modifiée... Accueillir est une vieille tradition sur cette île grecque...

Je rencontre des gens de nombreuses nationnalités... Ici, les réfugiers se retrouvent pris au piège... Obligés de demander l'asile en grèce ou de rebrousser chemin... Pourtant certains veulent rejoindre leur famille dans un autre état européen... Certains me demandent conseil : Toi qui a voyagé, qui a vu de nombreux peuples, qui a recu la sagesse de la route si tu étais à ma place, que ferais-tu ?

 

 

Qui peut donner un conseil à des êtres qui fuient la violence d'un état et se retrouvent face à la violence d'une institution européenne ?

Des idées, des pensées, de la compassion, oui, je peux en partager mais, c'est tout...

Voici une vidéo qui exprime un peu ce que je ressens : https://www.youtube.com/watch?v=f7XhrXUoD6U

Un exemple de camp de refugiers syriens en Irak : http://refugeerepublic.submarinechannel.com/

Apres 20 jours sur l'île de Lesbos, de merveilleux partages d'histoires notemment grâce aux dessins qui illustrent les histoires, je décide de poursuivre mon voyage de conteur. J'ai entendu tellement d'injustices durant ces derniers mois entre Calais et Lesvos. Je vais désormais continuer à porter la parole de ceux qui ne peuvent pas passer les frontières, porter des histoires d'espérances à ceux qui voudront partager un moment avec moi... Je porte dans mon coeur, tous ces gens rencontrés, tous ces amis que je laisse derrière moi avec l'espoir que nos chemins se recroiseront...

Voici une petite video que j'ai recue quelques semaines apres avoir quitte les adolescents de Lesvos :

https://www.youtube.com/channel/UCRKXSibeDMT10cRIEYT_aPQ

Itaca (Ithaque)

Quand tu partiras en voyage vers Ithaque
prie pour que le chemin soit long,
plein d’aventures, plein de découvertes.
Prie pour que le chemin soit long,
et nombreux les matins où tes yeux découvriront
un port ignoré,
et nombreuses les villes où tu chercheras le savoir.

Garde toujours au coeur l’idée d’Ithaque.
Tu dois l’atteindre, c’est ton destin,
mais ne force pas la traversée.
Mieux vaut qu’elle dure longtemps
et que tu sois vieux quand tu jetteras l’ancre,
riche de tout ce que tu auras amassé en chemin
sans en attendre plus de richesses encore.

Ithaque t’a donné le beau voyage,
sans elle, tu ne serais pas parti.
Et si tu la trouves pauvre, ce n’est pas que tu
te soit trompé.
Le sagesse que tu as acquise te permet
de comprendre le sens des Ithaques.

II

Plus loin, vous devez aller plus loin
que les arbres qui vous emprisonnent
et quand vous les aurez dépassés
tâchez de ne pas vous arrêter.

Plus loin, allez toujours plus loin plus loin
que le présent qui vous enchaîne encore
et quand vous serez délivrés reprenez
la route à nouveau.

Plus loin, toujours, beaucoup plus loin, plus loin
que le lendemain qui s’approche,
et quand vous croyez être arrivés,
sachez trouver de nouveaux chemins.

III

Bon voyage aux guerriers
qui sont fidèles à leur peuple.
Que le dieu des vents soit favorable
à la voilure de leur vaisseau.
Malgré leur vieux combat qu’ils trouvent
le plaisir des corps
les plus aimants.
Emplissez les filets d’étoiles convoitées
plein de félicités,
pleins de connaissances.

Bon voyage aux guerriers s’ils sont fidèles
à leur peuple.
Malgré leur vieux combat que l’amour comble
leur corps généreux qu’ils trouvent les chemins
des vieux désirs pleins de félicités,
pleine de connaissances.

(Traduction Montserrat Prudon)
1ère strophe adaptée par L.Llach sur une version de
Carles Riba. 2ème et 3ème strophes, Lluis Llach