Tour de Bretagne (janvier 2012)

J’ai décidé de faire le tour de ma région, la Bretagne, et ainsi, de me confronter aux portes des écoles et des maisons…

C’est donc en troubadour, porteur du trésor culturel collecté sur les routes du monde, avec le regard neuf de celui qui redécouvre son pays que je me lance à la rencontre des habitants, des locuteurs de langue bretonne, des vieux arbres, et des vieilles pierres de la terre de mes ancêtres...

Voici une carte où apparait le trajet de ce voyage. Le Kreizh Breizh aura été le centre de cette fleur et chaque pétale m"aura permis m'aura permis de découvrir une des cultures bretonnes (Trégoroise, Léonarde, Bigoudène, des Monts d'Arrès, de Brocéliande).

Le trajet :

Il a été réalisé uniquement à pied et en auto-stop. Les distances parcourues avec les automobilistes étaient courtes si on les compare aux trajets partagés à l’étranger mais j’ai souvent reçu des encouragements, des contacts, des informations et parfois des invitations à faire un détour par le village du chauffeur.

Les gens :

Ils m’ont apparu ouverts à ma démarche. J’ai souvent été invité à loger et, lorsque j’ai dû frapper à une porte pour demander l’hospitalité, après avoir brisé les peurs, j’ai été très bien reçu. Les contes et de la musique sont des cadeaux difficiles à refuser. D’ailleurs, je n’ai pas pu accepter toutes les invitations, sinon, j’y serai encore…

 

 

Les écoles :

J’ai frappé à la porte d’une trentaine d’écoles. J’ai été agréablement surpris d’y être très bien accueilli. Malgré l’effet de surprise, grâce à ces enseignants ouverts à notre rencontre qui ont modifié leurs plans, le troubadour de passage à pu offrir contes, chants, musiques et danses aux enfants.

La culture :

Elle est variée, entre la musique, les danses, la gastronomie, j’ai senti une fierté bretonne, mais aussi une ouverture vers les autres cultures du monde… Ce voyage m’a donné envie de m’intéresser un peu plus à la langue bretonne et au plaisir de parler cette langue imagée.

 


Anecdotes :

- En arrivant à 8 heures dans une école avant l’arrivée des élèves (à Morlaix), je rencontre une institutrice occupée à faire des crêpes avec ses deux galettières… La passion des crêpes, cela ne s’explique pas.

- Selon quelques personnes, je ne suis plus un troubadour mais plutôt un barde… Pour ma part, je préfère rester juste un voyageur…

- J’ai participé à de menus travaux : faire des fagots, nettoyer un ancien « routoir » à lin, planter des betteraves, nourrir les animaux dans les fermes, tirer le fumier de dessous les vaches…

- Lorsqu’il m’accueille chez lui, un homme m’explique que sa porte d’entrée est ouverte jour et nuit à partir de l’arrivée des hirondelles. Ainsi, il leur permet de construire leur nid sur la poutre de sa maison et d’entrer et sortir à leur guise.

- Un soir de pleine lune, je n’ai pas la force d’aller frapper à une porte, pourtant, je ne veux pas aller chez quelqu’un que je connais et il fait trop froid pour dormir dehors… La nuit tombe, il me reste une dernière solution : faire confiance à la vie et tendre le pouce… Ce soir là, c’est donc Rico, qui rentre du travail et s’arrête pour moi. Il m’amène avec mes contes dans une yourte des monts d’Arrés… Là-bas, je rencontre un américain, qui, pour communiquer avec ses hôtes, a appris le breton. Pour lui, cette langue est plus facile à apprendre que le français… Cela fait quand même étrange d’entendre du breton parlé avec un accent américain… Pour communiquer, je joue le jeu : je parle en français et un des gars traduit en breton pour que l’américain comprenne…

Bilan :

Je reviens d’un tour de Bretagne en 80 jours (j’ai pas fais exprès), sous le charme de l’accueil reçu…