Espagne - 6/12/2003

Sur le chemin du retour...

Ca y est, l’aventure m’a ramenée en Europe...

Je me sens comme porte par un nuage, avec tant d’images dans la tête et dans le cœur.

La route :

L’avion pris à Montréal a atterri à Paris...

Mais, avant de rentrer à Ploeuc sur Lie, j’ai fais un "petit" détour par l’Espagne. Avec la force d’un rêve réalisé, je suis allé à la rencontre d’Elena...

De Paris, j’ai pris la route du Mans, Angers, Cholet, Bordeaux, Biarritz, puis en Espagne, je suis passe par Burgos, Madrid, Aranjuez... Le stop devenant difficile dans les stations essence de l’autoroute alors que la sensation de me rapprocher d’Elena devenait de plus en plus intense, j’ai décidé de prendre des routes moins fréquentées (la campagne). Je suis passé par Toledo, Ciudad Real, Montoro, puis Cordoba et Séville (retrouvailles...enfin!).

Après avoir passé quelques jours à Séville, je vous écris depuis la maison de Javi et Eva des amis espagnols del Puerto Santa Maria (près de Cadiz).

Echanges:


En continuant, sur la route vers Séville, je me suis arrêté dans une école espagnole près de Cordoba (dans le village de Montoro). Les élèves comme les professeurs étaient très surpris de ma démarche. En Espagne, pour que les élèves soient plus confiants, leur professeur me laisse seul avec eux, c’est vrai qu’ils prennent plus facilement la parole , ayant moins peur que leurs erreurs soient jugées. Je suis impressionné par la confiance que les professeurs ont en moi. Apres qu’elles aient vaincu leur timidité, j’ai eu la chance de voir des élèves danser la Sevillana pendant que les autres chantaient le flamenco.

Pris en auto stop par des Roumains en Espagne, ils sont très content de m’entendre chanter une chanson de leur pays (apprise il y a 8 mois). Avec émotion, ils me la traduisent en espagnol.

A Séville, avec Elena (qui est musicienne), nous passons la matinée dans une école, les élèves peuvent chanter en écoutant le son de la flûte traversière et écouter la bombarde.

Désormais, devant les groupes d’élèves, je ne parle plus du voyage , mais les discussions se font sur les différences entre leur culture et celle de la France.

Anecdotes:


- Pour ma première nuit en France, je décidé de frapper à la porte d’une maison isolée (en Vendée). Bien sur les gens sont d’abord très méfiants car mon histoire est “légèrement “ difficile à croire... Mais, je me suis finalement retrouvé prenant l’apéritif avec Sylvie, Alain et des voisins. “Tu cherche à connaître la culture et bien tu vas goûter notre “épine” faite maison”. Anaïs et Charly apprennent à jongler, je partage mon voyage et leur transmet une légende. Le lendemain, Alain me fera visiter et rencontrer l’équipe du “Puy du fou”, car il y travaille... Un nouveau bon moment inoubliable.

-En France, un routier Roumain accepte de me prendre avec lui, nous parlons en espagnol. Il travaille pour une entreprise espagnole et est très nostalgique de son pays. La vie des immigrés est très difficile... Ecoutant la musique de son pays, beaucoup de souvenirs me reviennent en tête...

-En traversant Madrid avec un chauffeur routier lundi matin, je me rends compte de la difficulté de la vie dans les grandes villes (embouteillages, les gens, seuls dans leurs voitures s’énervent, ne se font aucun cadeau...). La vie des grandes villes est très inhumaine, les gens qui ont quitté leurs régions s’entassent dans un environnement de béton très agressif...

- Le fait d’être revenu par le Québec m’a permis de ne pas avoir de choc culturel à mon arrivée en Europe, les gens disaient même que je parlais avec un accent bizarre. Un peu d’accent québécois peut-être...

Revoir mes amis espagnols et surtout revoir Elena après une séparation si spéciale, a provoqué des moments très intenses... A imaginer...

Bien-sûr de nombreuses discussions vont peu à peu nous permettre de “digérer” cette séparation (les bons mais surtout les mauvais moments). Comprendre et accepter la souffrance des autres... Ce n’est pas toujours facile, mais après un si long voyage, il faut passer par là. Et bien sur, partager le bonheur de se retrouver!

Je suis toujours dans le voyage car il me reste des kilomètres à parcourir, et je n’ose pas encore imaginer le retour en Bretagne...

Mais, ça va venir...

La route des écoles continue...

Samuel