Pakistan - 13-26/07/2003

Petit message de Karachi au Pakistan sur les rives de l'océan indien

Apres avoir traverse en camions la Turquie et l'Iran, me voici au Pakistan.

Je vis quelques jours dans une famille ( assez aisée), dont j'avais rencontre un membre à Istanbul. Dans leur appartement, ils ont la climatisation. Il fait plus de 40 degrés avec beaucoup d' humidité. Apres des moments physiquement difficile, ici, je peux reprendre des forces pour la suite du voyage. Ce midi, ils ont savoure mes crêpes et j'apprend la cuisine et les traditions de ce pays. Hier, nous nous sommes baignes dans l'océan Indien (pour ne pas choquer, j'ai fais comme les autres, j'ai garde mon tee-shirt).

La veille de mon arrivée à Karachi, 43 personnes de cette ville (des familles entières) avaient péri dans l'inondation qui avait suivit un orage. En circulant le soir dans la ville, je peux observer des centaines de personne dormant sur les trottoirs (ils vivent de la mendicité ne sachant pas s'ils se réveilleront le lendemain).

Je continue à réaliser mes actions dans les orphelinats et les hôpitaux. Je suis heureux de constater que même si la religion musulmane est restrictive pour la liberte des gens de ces pays. Les docteurs, éducateurs sont très ouverts à mes propositions et m'accueillent volontiers. Mon seul but étant de faire sourire et rêver les personnes malades ou tristes...

Je m'excuse de ne pas pouvoir vous envoyer de message plus détaillé pour l'instant. On m'attend.

Bonnes vacances à tous.

Samuel.

La route :

De Karachi, j'ai pris la direction du nord et de l'Inde, mais sur le chemin j'ai rencontre des routiers spécialement accueillant (4 jours et 3 nuits passe dans ce convoi de 4 camions). Il était originaires de Peshawar (a 30 km de la frontière de l'Afghanistan), j'ai décidé de rencontrer des enfants de cette ville avant de continuer mon voyage.

Le nord du Pakistan :

Indépendant de l'Angleterre et séparé de l'Inde depuis 1947, le Pakistan est un pays neuf.

Je n'avais jamais réalisé qu'une conséquence de cette seconde guerre mondiale a été de donner la liberté à des millions de gens vivant dans les colonies...

Ici, je côtoie une grande pauvreté et une vie très difficile (l'espérance de vie est de 45 ou 50 ans). Les femmes sont totalement voilées, les enfants travaillent  des 7 ans... Il y a beaucoup de mendiants... Ces villes sont hyper polluées.

Les gens me parlent beaucoup de politique, beaucoup ne pensent qu'a quitter leur pays pour vivre décemment dans le paradis de l'union européenne ou des USA ou de l'Australie...

Pour qu'il y ai des pays développés (où l'on mange à sa faim et on peut se soigner), il semble qu'il soit nécessaire de maintenir les pays sous-développés...

On me parle beaucoup de l'Afghanistan. Ce pays a connu 23 ans de guerres consécutives. Depuis 1979, d'abord les Talibans (soutenus par les américains) contre les Russes puis les Américains contre les Talibans, désormais des affrontement entre les tribus... Bref, le pays est détruit, pas un édifice ne tient debout. Pourquoi les enfants qui naissent dans ce pays doivent-ils subire cela???

Depuis que j'ai quitte Istanbul, j'ai très peu de contact avec la population féminine. Les différences de cultures ici sont énormes. Un exemple, les hommes ne discuteront qu'avec une seule femme (en dehors de leur mère et leurs sœurs), avec leur femme qu'ils verront pour la première fois après leur mariage!!!

Échange :

Au Pakistan, j'ai réussi à intervenir dans 4 structures (hôpitaux et maison d'accueil pour enfants)

Mais j'avoue que dans certains lieux l'échange est minime, les enfants souffrent tellement (talassemie, hémophilie). Je garde précieusement les contacts de ces lieux gérés par des personnes au grand cœur.

Les discussions avec les médecins qui m'ont hébergé quelques jour ici reste des moments inoubliables.

Bien sur les rencontres ne sont pas simples à gérer, car depuis Istanbul, je n'ai pas rencontrer un seul voyageur en Turquie, Iran ou ici. Les gens surpris de voir un voyageur (en plus français) ne reste jamais indifférents, il y a ceux qui veulent m'aider et ceux qui essayeront d'obtenir quelque chose de moi et que je ferai changer d'avis.

Anecdotes :

-Dans les montagnes (dont j'ai oublie le nom momentanément) au nord du Kurdistan de Turquie, je longe la frontière de la Georgie, l'Armenie, et l' Azerbaïdjan. Un soir, il fait un temps à dormir à la belle étoile. Je frappe à une petite maison pour demander de l'eau. Les habitants surpris appellent le pere de la famille. Quel choc, Cet homme de 45 an me parle dans un français courant Il a vécu jusqu'a ses 13 ans dans les mines de Belgique... Et reparle français pour une des premières fois depuis son retour au pays! Je resterai 2 jours parmi eux.

-Pendant ma traversée de l'Iran, je suis oblige de refuser des dizaines de thés que l'on veut m'offrir (sinon j'y serai encore...)

-Le vent et les tempêtes de sable et de poussière qui précèdent l'arrivée des orages au Pakistan sont impressionnants.

-J'évite de jouer de la flûte à l'heure de la prière , par contre lors des coupures de courant que nous avons chaque soit, je ne me prive pas de faire rêver mon entourage...

-Les arrêts prières de la part des conducteurs pendant les voyages.

-De Karachi à Peshawar, je fais 1500km à 30km/h sans compter les arrêts, perche sur le camion, j'ai le temps de voir la vie dans les villages traverses. Les dattes qui sèchent, les usines de briques, les activités diverses...

- A Peshawar, j'apprend que Terminator 3 est sorti au cinéma car ils ont le DVD.

-Je suis toujours surpris de voir les caravanes de dromadaires. Suis-je dans un film???

Je vais vous faire une confidence...
Je crois que les musulmans ont un sens très éveillé de la rencontre, la communication avec l'étranger l'invitation au repas partage. Je l'ai remarque auprès des musulmans de Bosnie, de l'Albanie, de Turquie, d'Iran, et particulièrement du Pakistan ( ou je n'ai jamais eu à frapper à une porte et ou je n'ai jamais dormi à la belle étoile. (Pour l'instant, je n'ai toujours pas dormi à l'hôtel dans ce voyage). Dans les bus, la rue, les gens engagent la conversation pour exercer leur anglais et satisfaire leur curiosité (si je me rappelle bien, cela est loin de se passer aussi chaleureusement dans les bus de mon pays et le métro). Bien sur, comme dans toutes les religions, il y a les extrémistes, ceux qui se servent de cette religion pour dominer les autres, ceux qui préfèrent aller réciter une prière plutôt que soigner un malade ou aider  les autres...Je ne veux surtout pas généraliser l'expérience de ce voyage à des populations entières mais cela me donne la curiosité de jeter un oeil au livre du Coran à mon retour. Car je vous avoue que je suis marque par la chaleur des musulmans.

Je sais désormais qu'une des force qui me permet de vivre ce voyage sans encombre, c'est la spontanéité, le fait d'être seul à prendre les décisions et une faculté d'adaptation qui s'acquiert par l'expérience.

Salut à vous!!!

PS: Enfin termine, ce message aura été tapé entre deux coupures de courant provoquées par les orages et sans utiliser Word qui n'existe pas ici (gare aux déconnections)...