Istanbul - 06/2003

Quelques jours à Istanbul

Apres la Grèce, j’ai pris la direction de la Turquie. Je me suis arrêté à Istanbul, la capitale économique (Ankara étant la capitale politique) qui comprend 12 millions d’habitant. La ville est très grande, une partie se trouve en Europe, une partie en Asie (séparé par le détroit de Bosphore entre la Mer Noire et la Mer de Marmara), mais relie par 2 grands ponts. Les gens (commerçants et habitants son très accueillants et chaleureux. En ce moment et pour la première fois depuis le début du voyage, je loge chez des français, ce sont des voyageurs (qui ont deux petits enfants) qui aiment accueillir les voyageurs (en ce moment, y'a du monde à la maison !!!).

Bientôt, je vous en dirai plus.

Vendredi 27 juin : Istanbul (Turquie)

Toujours à Istanbul,

Depuis mon dernier message de Turquie, j’ai fait simplement une petite escapade de 3 jours dans la ville et l’école d’Izmit à 100 km d’Istanbul (en Asie) . Je suis revenu à Istanbul par obligation car je suis en train d’y faire quelques démarches pour obtenir les visas qui me permettront de continuer mon voyage.

La Turquie :

80 millions de personnes vivent dans ce pays. La Turquie connaît une grosse crise économique. 1euro équivaut à 1600000 livres turques . Je suis donc millionnaire (en Livres turques) !! Le pain vaut 250000 LT et un kilo de bananes vaut 2 millions de LT. La crise économique a été engendrée par des décisions politiques nationales et internationales.

Un exemple récent :

Suite à la guerre en Irak, le commerce entre Irak et Turquie est interrompu, les Turcs n’investissent plus dans l’est de leur pays car ils n’ont pas confiance. Les images qu’ont pu voir les gens dans le monde entier ne leur donne pas envie de venir en vacance en Turquie, le tourisme ne rapporte pas beaucoup au pays.

L’économie de nombreux de pays et la vie de beaucoup de personnes subissent les conséquences des décisions américaines ou européennes. Pendant le conflit, les commerces d’Istanbul affichaient clairement le NON à la guerre.

Il m’est difficile de donner mes impressions sur le pays car je ne connais pas encore de turcs vivant dans les campagnes.

Le niveau de vie des Turcs est supérieur à celui de beaucoup de pays d’Europe de l’Est que j’ai traversé dernièrement mais bien sur, inférieur à la France. A Istanbul,  un enseignant turc gagne environ 250 euros par mois. Il est très difficile pour un turc de voyager . Istanbul est la capitale économique du pays. 12 millions de personnes y vivent. Cette ville est entoure d’eau (Mer de Marmara, détroit du Bosphore). Je remarque malgré le fait de vivre dans une grande ville, les gens sont souriants, ils sont disponibles pour rendre service, ils prennent le temps de discuter, d’inviter l’étranger à boire un Thé. Le soleil aide à cela, en ce moment, il fait plus de 30 degrés. La vie nocturne est très importante à Istanbul. Plusieurs fois par jours et par nuit, nous écoutons l’appel à la prière chantée du haut du minaret.

Echange :

2 écoles en Turquie :

Le lycée français accueille les élèves qui souhaitent suivre le programme enseigne en France. Les profs sont français qui ont choisi de travailler à l’étranger, les élèves sont de différentes nationalités, issus de familles privilégiés (le prix de la scolarité est très élève). Les élèves sont trilingues (français, Turc, anglais), et maîtrisent parfois une 4eme langue en fonction de l’origine de leurs parents.

J’ai passe plusieurs après-midi avec les élèves de CE1, CE2, CM2 et aussi avec les 6emes et les 4emes. C’était la première fois depuis le début du voyage que je me retrouvait confronté à des élèves parlant français aussi bien que moi. Les élèves étaient très curieux et n’éprouvaient aucune timidité, j’ai été assailli de questions.

Certains élèves étaient choques de savoir que je dors parfois à la belle étoile, que je passe plusieurs jours sans me laver, que je marche autant.

Voici un petit texte écrit par les CM2 :

Surprise !!!

Le mercredi 04 juin 2003, pendant que nous étions en sport, un inconnu (même pour la maîtresse) est arrivé. Et là, il nous a raconté le récit de son voyage très intéressant. Il s’est présenté, et là nous avons appris qu’il se nommait Samuel Allo, puis qu’il était un voyageur.

Mais qu’est-ce un voyageur ???

Eh bien c’est une personne qui voyage de pays en pays, et de villes en villes. Et grâce à ses voyages, il découvre les différentes cultures de chaque région. Dans chaque ville où il va, il visite une école et va dans une classe pour leur montrer quelque chose de la Bretagne (sa région d’origine.) Lorsqu’il est venu dans notre école, c’était la première fois qu’il allait dans un lycée français. Il nous a appris une danse celtique et nous raconté une légende de son pays avec le roi Arthur. En échange, nous lui avons appris une danse Folklorique  Turque.

En 1999, la Turquie a connu un tremblement de terre très meurtrier, le lycée français a aidé financièrement une école située dans une ville sinistrée (Izmit) située à l’épicentre du séisme. Je m’y suis rendu.

L’école Turc d’Izmit, accueille 1500 élèves de 6 à 14 ans. Pour des raisons de manque de locaux, certains élèves étudient le matin, d’autres l’après-midi. Pendant les trois jours que j’ai passé parmi eux, j’ai pu assister à leur « festival de fin d’année » (chants, danses turc en costumes traditionnels, théâtre en turc et en anglais, jeux…et …danses bretonnes…). Personne ne m’a reparle du tremblement de terre, ici, on oublie les moments noirs du passé pour essayer de vivre joyeusement le présent.

 

Anecdotes :

- Avant de traverser la frontière entre la Grèce et la Turquie, je remet mon jean car le short en Turquie, cela n’est pas très bien vu. Tout en étant étranger, j’essaie de m’adapter à la culture du pays

- En Turquie comme dans beaucoup d’autres pays , les adultes et les enfants sont de grands supporters de football. On me demande souvent le nom de mon équipe préférée en France et ici. (Béchiktas, Fenerbaché, ou Galatasaray …). Tous se plaignent du comportement colérique et irrespectueux d’un joueur français du Bechiktas (Pascal Nouma). Dans beaucoup de rues à Istanbul, flottent d’immenses drapeaux du Béchiktas, l’actuel champion.

- Il existe différentes façons de voyager en découvrant la culture d’un pays. La mienne en est une. Ici, à Istanbul, j’ai côtoyé des gens qui ont décidé de s’installer pour plusieurs années dans cette ville. Ils y travaillent, y créent un réseau de relations, y nouent des amitiés, découvrent la façon de vivre des autochtones en vivant avec eux pendant une longue période.

- Le fait de vivre plusieurs jours dans une grande ville touristique me fait côtoyer d’autres étrangers :

J’ai rencontré des voyageurs : un couple de jeunes hollandais voulant rallier Amsterdam à Katmandou en Inde en auto-stop), une étudiante japonaise partie seule pour un voyage de 6 mois à travers 10 pays de l’Asie. C’est bien de voir que d’autres personnes essaient elles aussi de réaliser des projets qui peuvent sembler fou à la majorité des gens. Qu’est ce qui est le plus important ?, l’avis de la majorité des gens ou nos projets ???

- Les déplacements ne se font pas uniquement en voiture et à pied, en plus de l’auto-stop, il y a des moments de camion-stop, moto-stop, scooter-stop, charrette-stop, taxi-stop et meme mini-bus-stop et du velo-stop, même un train-stop et un bateau-stop. Bref, beaucoup de gens essaient de m’aider gratuitement avec leurs véhicules quand nous allons dans la même direction. Sinon, je marche…

- J’aimerai pouvoir écouter les réflexions que feront les bretons ou les nordistes en lisant ce qui suit : Si je ne compte pas le mois de novembre, j’ai vu tomber la pluie seulement 5ou 6 fois dans mon voyage. Je ne blague pas, car dans les pays où je passe, le soleil m’accueille. Cet hiver, bien sur, il neigeait parfois mais cela ne m’empêchait pas de marcher. C’était quand même plus facile qu’avec la chaleur actuelle.

Réflexion :

La télévision, la drogue la plus nocive aujourd’hui ?… Combien de personnes éprouvent le besoin quotidien de l’allumer ???

Quelles sont les valeurs communiquées par la petite boite ??

Propagande politique, arme pour rallier les foules, pour déclencher les guerres, atout de la société de consommation, elle a l’art de créer un besoin dans les familles… D’empêcher la communication verbale. D’inciter les gens à vouloir toujours plus, toujours mieux… Attention !!!

Je n’ai qu’une impression très partielle des populations des pays que je traverse. Les personnes que je rencontre, qui m’invitent chez elles, n’ont soit pas la télévision, soit, ils la regardent très peu. Ils ont donc conservé une certaine confiance en l’homme. Mais d’autres personnes refusent de m’emmener avec eux en me regardant comme si j’étais un tueur , un danger potentiel parce qu’étranger??? Telles sont les valeurs que transmet la télévision aux enfants et aux adultes de demain. L’amitié et l’entre-aide entre les peuples serait-elle dangereuse pour les gouvernements ?? Pourquoi créer un sentiment d’insécurité dans la société ?? Un cercle vicieux se met en place car une attitude craintive et  engendre l’agression et le vol.

Annonce :

Je rencontre parfois des élèves qui souhaiteraient avoir un correspondant français (par Internet ou par lettre), si certains des élèves qui lisent ce site sont intéresses, ils peuvent m’envoyer leur adresse. J’essaierai de les mettre en contact avec des jeunes de leur âge rencontrés lors du voyage.

Remerciements :

Je tiens à dire que si ce site existe et me permet d’être en contact avec les écoles de Bretagne, mes amis et les personnes rencontrées sur mon chemin, c’est quand même grâce au travail qu’accomplit Bertrand L’Hôtellier. C’est lui qui passe du temps à transférer sur le site les messages que je lui envoie. Et ce n’est pas toujours simple. Alors Merci à mon ami Bertrand.

Kénavo et Bonnes vacances aux écoles !

Samuel ( ou Ismail à Izmit)

PS : Certains doivent se dire, les écoles ferment, comment va-t-il faire pour rencontrer les enfants des nouveaux pays ??? Faites moi confiance, je trouverai de nouveaux moyens pour réaliser les échanges culturels, car je me suis rendu compte d’une chose, poursuivre ce voyage n’a désormais de sens que si je continue à réaliser ces échanges culturels avec les adultes mais surtout les enfants de chaque pays traversé…  Je vous raconterai…