Russie - 14/03/2003

Depuis 1 mois, je continue mon voyage à la rencontre d’une nouvelle culture qui m’était inconnue

La route :

De Helsinki, après avoir obtenu un visa, je suis allé vers la Russie j’ai traverse vers Viborg (ancienne ville Finlandaise qui, depuis la seconde guerre mondiale appartient à la Russie). Je suis allé dans deux écoles à Priozersk (sur les bord du grand lac dont je ne connais pas le nom en français, «Ladogscoye»....), ensuite, St Petersburg (une journée de visite de la cathédrale et du muse des peintres Russes), puis Moscou, Samara (une semaine passée avec des étudiants, frontière de Kazakstan (je n’avais pas de Visa) puis retour à Samara (cette ville ou j'ai vraiment vécu des moments géniaux avec une "famille d'étudiants" (musiciens)), retour à Moscou (pour rencontrer la Famille de Svetlana (qui vit à St Brieuc) faire des démarches de visa et visiter la capitale russe, c'est de Moscou que je vous envoie ce message.

4 mois après mon départ, je n'ai plus vraiment l'impression d'être en voyage, je me suis habitue à m'endormir et me réveiller chaque jour dans des endroits différents, de parler différentes langues. En fait, c'est un style de vie que je rêvais d'expérimenter et il me plait vraiment. Je suis toujours très enthousiaste pour continuer, à la rencontre de nouvelles personnes, de nouvelles écoles, de nouvelles cultures. De temps en temps, en fonction des rencontres, je reste plus longtemps à un même endroit (3 ou 4 jours), cela me permet de me reposer et me ressourcer pour repartir (tout neuf). Parfois (comme dernièrement de Samara, les départs sont difficiles car les retrouvailles ne seront pas simples, alors Carpe Diem). Ne me demandez pas:  «quand penses tu rentrer?» Je sais simplement qu'il me reste un bout de chemin à parcourir, des personnes à découvrir et j'avoue que les gens rencontres m'aident continuer cette route fantastique. Pour l'instant, j'essaie simplement de vous faire partager un peu de ce bonheur que j'ai réussi à trouver…

Le pays :

Je vous laisse de vous même juger des données géographiques et de l'immensité de ce pays (145 millions d’habitants). Le printemps est arrive, les nuits sont toujours froides (parfois -15, -20) mais le jours, le soleil très lumineux permet de faire remonter les températures jusqu'a +5). La religion est chretien-orthodoxe, je suis très impressionné par les églises qui sont très richement décorées. 2 grandes capitales (Moscou et St Petersburg mènent le pays, la vie à la campagne est très différente, moins «européanisée».

Une chose est certaine, j’ai bien fait de ne pas écouter toutes ces personnes qui me disaient: "surtout ne mets pas les pieds en Russie, c’est très dangereux". Bien sur, avant de traverser chaque frontière, on me dit, «ne vas pas dans ce pays», mais pour la Russie, ils étaient plus nombreux. La plupart des gens qui me donnent ces conseils n'ont jamais mis les pieds dans le pays dont ils ont peur et généralisent les informations qu’ils voient à la télévision. J’ai fait environ 4000 kilomètres en auto-stop en Russie. Je ne fais pas le brave, je fais confiance aux gens quand je sens que je peux le faire et je change de trottoir quand je crois qu'il est bon de le faire. Eux aussi me font confiance. Un sourire ou une chanson me permettent souvent de modifier l'attitude des gens envers moi. Ici comme partout, je fais attention mais je peux vous dire que les Russes sont des gens géniaux, chaleureux. Je suis sans cesse invité à manger dans les maisons, à trinquer avec la traditionnelle vodka

Un Russie, l’art est très développe et dans les maisons (même les plus humbles), il y a beaucoup de livres (plusieurs centaines au minimum dans chaque maison), les gens sont très cultives. En Ville, tous les gens vivent dans des immeubles mais ils y a de nombreux arbres entre ces immeubles. Les Russes apprécient beaucoup la nature. Beaucoup de personnes sont surprises quand je les aborde car ils n’ont pas l’habitude de côtoyer des étrangers. Depuis la chute de l’union soviétique, la vie dans le pays a beaucoup change mais un grand pays évolue plus lentement qu’un petit.

Il y a des moments difficiles, très forts en émotions. J’ai rencontre des enfants sans parents, non scolarises qui traînent dans les rues ou les stations essence. Hier, en écoutant chanter des jeunes  dans le métro, habilles en militaires, les larmes me sont venus aux yeux: Ils avaient mon age, n’avaient plus leurs jambes car ils avaient fait leur service militaire en Tchétchènie… Je prend conscience chaque jour de la chance que j’ai eu de naître dans un pays ou l’on ne connaît pas la guerre… Je ne culpabilise pas, mais cela me donne encore plus de force pour faire des choses pour les gens qui n’ont pas eu la même chance que nous. Et surtout pour ne jamais me plaindre, on n’en a vraiment pas le droit!!!

Echange:

En Russie, j'ai rendu visite à 4 écoles ( primaire, un collège et 2 lycées) ainsi que 2 universités. Les élèves étaient extrêmement enthousiastes de me rencontrer, ils ont danses, chante avec beaucoup d'entrain.

J’ai appris quelques expressions en Russe et elles me servent bien car, bien que certains jeunes parlent assez bien l’anglais, il m'est cependant difficile de communiquer avec la majorité des russes, ils n’ont pas étudié de langue de l’ouest. Les élèves ( de 16, 17 ans) connaissent bien nos artistes (écrivains (Hugo, Maupassant, Zola, Dumas)  et peintres (impressionnistes), et j’ai souvent honte lorsque les élèves me demandent, et en France, quels auteurs ou peintres russes avez vous étudiés? (Pouchkine, Bulgakov, Tolstoi, Dostoievski?). Beaucoup de personnes sont conscientes de l’image négative de leur pays à l’étranger mais ils n’y sont pour rien… Et ils aimeraient que cela change.

Je crois que c'est en russe que je connais le plus de chansons (5) (katiuscha, kalinka, Samara garadok, A nam soravno, her her ourhniam), 2 contes, un poème de Lermontov, un proverbe qui résume bien mon voyage " adin v pole nie voyen " (prononciation à la française), " seul, on ne peut pas faire grand chose". En effet, si cette aventure est aussi belle et si je la continue, c'est bien grâce à tous ces personnes rencontrées chaque jour qui accepte de faire ce petit bout de chemin avec eux, car visiter des monuments ne m’intéresse de moins en moins. Les gens sont fabuleux.

Anecdotes:


Dans le métro de Moscou, un homme (auquel je demande mon chemin) me propose de trinquer à la vodka (a la bouteille), davay !!!

En voyageant dans les voitures des conducteurs Russes, au milieu de paysages enneiges, cela parait irréel d'écouter la guitare de Gilbert Le Pennec (de Carré Manchot) ou les mélodies irlandaises que j’ai sur mes cassettes.

Sur la place rouge de Moscou (dont le sol pave est bleu, mais le Kremlin, le temple (Kram), et le mausolée de Lénine sont construits en briques rouges), on me demande de chanter (Aux Champs Elysées)

Le week-end dernier ( 8, 9, 10 mars), c'était un week-end spécial (carême), les russes font des Blinik (crêpes russes) mais ils aussi apprécient la recette de même.

Le jeu de cartes que j’ai emmené et les tours de magie que l'on m'a appris en chemin me servent bien pour communiquer lorsque la langue semble être une barrière.

Ilze (l'étudiante de Lettonie rencontrée à Riga qui se passionne pour la  Norvège était très envieuse lorsqu’elle a appris que j’étais allé dans ce pays) a désormais une correspondante Norvégienne de la ville de Sortland, c'est cool comme petit cadeau!!!

Cela m'avait fait tout drôle de voir une photo d'Emmanuel Geffray en Slovakie (il y était allé l'an dernier avec le groupe de Danse bretonne de Lamballe), cela me fait aussi tout drôle de voir des Photos de Regis Choupault et de sa célèbre journée à la ferme à Moscou (chez Angelina, Vladimir et Dima). Les traditions sont appréciée partout.

Voila un petit résumé de mon passage en Russie,

J'avoue que je suis un enfant qui s'émerveille de tout, c'est pour cela que je ne juge rien ( je ne suis vraiment pas la pour cela), je découvre et apprécie le positif de ce qui se présente à moi.

A bientôt.

Samuel.